ANTOINE BONNAZ

"Place Antoine Bonnaz", cette plaque apposée sur l'un des murs de soutènement de la place du village veut rappeler que Saint-Chef a donné le jour à un inventeur généreux, bienfaiteur de son pays natal.

Antoine Bonnaz est né le 17 décembre 1836 au hameau de Versin, dans sa maison familiale aujourd'hui disparue, à quelques pas du carrefour du chemin du Rivier. A cette époque, l'école n'est pas obligatoire et le petit Antoine n'y est pas plus assidu que ses camarades, surtout que son attirance profonde est pour le travail manuel. Tres tôt, il révèle sa passion pour le bricolage en essayant, souvent avec succès, de réparer les outils et appareils usuels; son sens rationnel de l'observation conjugué à son goût de la mécanique le conduiront à réaliser une horloge en bois, taillant les engrenages dans la masse.

La première machine à broder.

L'industrie textile est en plein essor et la ville de Lyon y occupe une place de choix depuis que Jacquard a mis au point, en 1800, son métier à tisser et que Thimonnier a inventé la machine à coudre en 1825. Attiré par les machines, Antoine vient travailler comme mécanicien dans une usine de soirie. Constatant le long travail fastidieux des ouvrières brodeuses, il décida bientôt de mettre son intelligence à contribution pour mécaniser cette opération. Il élabore avec patience la première machine à broder, dérivée de la machine à coudre de Thimonnier. Le 13 août 1863, à l'age de 26 ans, il obtient le brevet de sa machine, aussi appelée couso-brodeur.

La maison Hurtu et Hautin, qui portait haut le renom de la fabrication française de machines à coudre de l'époque, achètera bientôt ce brevet, moyennant une somme rondelette et la garantie d'un pourcentage sur chaque machine vendue. Antoine Bonnaz était libéré de tous souci financier pour le reste de ses jours.

Sa nouvelle situation ne lui fit en rien changer ses habitudes, il demeurait très attaché à son village natal et fidèle à ses amis de jeunesse, il faisait en outre preuve de beaucoup de largesse vis-à-vis des pauvres et des indigents. Ses distributions annuelles se déroulaient un dimanche, après la messe, et rassemblaient tous les miséreux du coin.

Philanthrope.

L'hospice de vieillards de Saint-Chef bénéficia également de la générosité d'Antoine Bonnaz, en juillet 1914 la donation d'un capital lui assurait 600 francs de rente, et en février 1915, un don de 15000 francs tombait dans la caisse, demandant simplement en contrepartie que les vieillards entretiennent son tombeau à perpétuité.

Dès 1903, notre homme avait décidé de marquer de son sceau la place du village qui était à l'époque fort pentue(photo); il suggère la construction de deux terrasses devant la mairie et devant l'église abbatiale, et en assure personnellement le financement. En 1904, il sera élu conseillé municipal et le restera jusqu'à la fin de ses jours. En 1909, il a proposé de faire installer un cadran d'horloge au dessus du portail de l'église, entrainé par le mécanisme qui se trouve dans le clocher, à une cinquantaine de mètres. Les professionnels étaient sceptiques quant au fonctionnement de cette installation qui comportait plusieurs renvois d'angles, mais Antoine peaufina personnellement le projet et ordonna bientôt la réalisation des travaux qu'il paya entièrement de sa poche.

Antoine Bonnaz s'est éteint en 1915 à son domicile lyonnais du quai Saint-Antoine, il n'a pas eu le temps de s'installer à l'hospice de Saint-Chef où sa chambre était réservée. Après 79 ans d'une vie bien remplie, il est retourné à la terre de son village natal, dans la modestie qui a toujours présidé au cours de son éxistence.

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