JUMELAGE AVEC CONTRECOEUR (CANADA)

LES LIENS HISTORIQUES

Vers 1660, la Nouvelle France, c'est à dire le Québec, qui avait connu quelque essor sous Richelieu, végétait, en butte aux pillages, aux déprédations, aux assassinats perpétrés par les peuplades iroquoises envers les colons. Pierre Boucher, qui avait franchi l'Atlantique vers l'âge de douze ans, fut dépêché auprès du Roi pour relater ces faits et plaider la cause de ses compatriotes. Cette ambassade eut les plus heureuses conséquenses puisque Louis XIV et Colbert furent conquis: la compagnie des Indes fut créée et le régiment du prince de Carignan fut désigné pour assurer paix et tranquilité à la colonie.La mission de pacification accomplie, l'intendant Talon, représentant du Roi au Canada, décida d'essayer de fixer sur place officiers et soldats pour assurer l'avenir: des concessions territoriales furent proposées aux officiers.

C'était de beaux domaines pleins de promesses, de vastes espaces aux dimensions exceptionnelles que l'on appréciera en se rappelant qu'une lieue mesurait environ quatre kilomètres. Le capitaine Antoine Pécaudy de Contrecoeur, originaire de Saint-Chef, recevait deux lieues et demi de front sur le fleuve Saint-Laurent, sur une lieue de profondeur, dans un pays offrant à volonté la chasse, la pêche, et la traite des fourrures. Le cadeau royal comportait cependant des charges puisqu'il fallait d'abord défricher et que la concession était caduque si la moitié au moins de son territoire n'était en culture dans un délai de trois ans. Toutefois il était possible de rétrocéder de petites parcelles à des colons et de percevoir des droits en nature ou en espèces. La seigneurie de Contrecoeur était née, et moins de vingt ans plus tard on dénombrait soixante neuf habitants,répartis en douze familles.

 

LA RECHERCHE GENEALOGIQUE

Les québécois sont très attachés à leurs origines françaises, et éprouvent un véritable besoin de se raccrocher à ces liens lointains. Les archives de la paroisse de Saint-Chef recèlent une lettre de avril 1901, adressée par le curé de Contrecoeur au père Serrière, afin de recueillir des renseignements sur d'éventuels parents du fondateur de la cité canadienne. Il n'y figure pas, hélas, la réponse qui lui fut donnée. En 1971, mademoiselle Dominique Féraud fille du maire de Fos sur mer de l'époque, se rend à Contrecoeur pour un voyage d'études et apprend les origines dauphinoises de la ville. Emue par l'enthousiasme de son premier magistrat pour tenter de retrouver des racines en métropole, elle écrit alors au maire de Saint-Chef pour le questionner. Pierre Grataloup, notaire de son état, plongea dans ses archives et découvrit les éléments nécessaires pour renouer un fil rompu depuis trois siècles.

Le mardi 11 juillet 1972, sur la place de la mairie, de nombreux Saint-Cheffois sont réunis pour accueillir le maire de la commune de Contrecoeur, Georges Tétreault. Ce dernier lançait les bases d'un futur jumelage: " Je pense qu'il serait souhaitable que naisse un réseau d'amitié commençant sur une base municipale et fondé sur le contact personnel des hommes de toutes fonctions, non pas seulement celui des personnages officiels. Ce contact devra porter d'appréciables avantages matériels et culturels à tous, favorisant voyages et rencontres, créant une solide texture de paix dans le monde".

 

LE PRESENT REJOINT LE PASSE

Depuis 1972, Georges Tétreault,qui est aussi président de la Société Historique du Haut Saint-Laurent, revient régulièrement dans la cité abbatiale, et apprécie les efforts de réhabilitation des vestiges du passé qui y sont entrepris.Par ailleurs un groupe de Saint-Cheffois, conduit par Pierre Grataloup s'est rendu à Contrecoeur au cours de l'année 2001. Ils ont découvert une ville de près de 5500 habitants, à 45 km de Montréal et environ 190 de la ville de Québec.

La ville actuelle dépasse largement la concession initiale du capitaine Pécaudi de Contrecoeur, puisqu'elle s'étend sur plus de 20 km le long du fleuve Saint-Laurent. La présence de nombreuses iles offre des sites interessants pour les activités nautiques, la pêche et la chasse. L'agriculture couvre une superficie d'environ 3000 hectares consacrés à l'élevage et aux céréales. Les commerces y sont nombreux et variés, ils offrent l'ensemble des biens et services. Le secteur industriel quant à lui occupe plus de 1300 hectares et emploie plus de 2500 personnes dans le domaine sidérurgique pour l'essentiel, et la fabrication de chaussures. Il ne faut pas oublier l'activité portuaire liée à la navigabilité du majestueux fleuve, le terminal maritime de Contrecoeur étant inclus dans l'organisation du port de la grande métropole économique de Montréal.

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