EGLISE ABBATIALE

Saint-Chef fut pendant onze siècles le siège d'une communauté religieuse dont le nom remplit l'histoire delphinale. Vestige de cette splendeur, l'église de l'ancienne abbaye offre à l'attention des touristes, des archéologues, et des artistes, un remarquable sujet d'étude.

Malgré les dégradations des siècles, ce monument dont la nef fut érigée vers le milieu du Xème siécle demeure un des plus beaux spécimen de l'architecture romane en France. Ce vaste édifice est classé monument historique depuis 1840, et l'on peut voir ci contre le croquis établi à cette époque par les services de Prosper Mérimée... Les batiments de la sacristie, qui enserrent la tour du clocher, ont été détruits par un incendie en 1860. En forme de croix latine, ses proportions régulières et grandioses, ses majestueux transepts couronnés chacun d'une tour, ses cinq absides établies sur une même ligne, en font un des plus riches joyaux de notre domaine d'art national et religieux, grâce aussi aux remarqables fresques du XIIème siècle, mises à jour en 1913. On y retrouve tous les caractères de l'école clunisienne, hauteur des voûtes en berceau, pilastres cannelés...Sur la façade occidentale, la porte principale a été démolie et rebâtie au 15ème siècle, malgré son mauvais état de conservation, c'est un excellent morceau de la belle période gothique. La forme générale est celle d'un arc brisé, légèrement surbaissé, dont l'archivolte, ornée de crochets à feuilles frisées, se recourbe en haut pour esquisser un commencement d'accolade qui s'amortit en un fleuron brisé. A droite et à gauche, dans les ébrasements de porte, un socle et un dais forment une niche de chaque côté, les statues qui y étaient contenues ont disparues.

Situées dans une chapelle haute qui constitue une tribune percée de trois arcatures, à l'extrémité nord du transept, ces fresques ont été reproduites sur toile en 1941-42 pour être exposées au musée des monuments historiques, au palais de Chaillot, à Paris. Par ailleurs elles ont bénéficié d'une restauration par les services des Beaux Arts de 1959 à 1962.

Ces peintures murales représentent une somme théologique, c'est à dire un résumé ordonné de tout l'enseignement du christianisme. Le mur est , côté du levant symbole de renaissance de résurrection et de vie éternelle, a pour thème la puissance de Dieu autour d'une représentation de Jesus Christ, des trois archanges Michel Gabriel et Raphaël,et de Georges martyr.Le mur sud, du coté de la tribune ouverte sur le transept, évoque les saintes Ecritures autour des prophètes Isaïe et Ezéchiel. Le mur ouest,se trouve du côté du village, des non clercs, des laïques; il est consacré au peuple qui attend son admission à la vie éternelle, guidé par les quatre évangéliste, Luc Marc Mathieu et Jean. On y remarque aussi la représentation de chevaliers qui pourraient figurer de généreux mécènes ayant contribué à la réalisation de cette oeuvre. Le mur nord, du côté du château féodal de l'abbé et du cimetierre des moines, présente le clergé aux ordres de quatre évêques.

Ainsi les murs évoquent la vie terrestre, alors que la voûte est une vision du Paradis. Elle est séparée des murs par une large frise de palmettes, motif qui évoque la vie, les jardins de l'Eden, cette frise marque une sorte de frontière entre terre et ciel. Le centre est occupé par une grande figure du Christ en majesté, entouré d'une cour de trois fois sept anges.Le quatrième champ est dédiée à la représentation de la Jérusalem céleste, thème le plus connu et le plus original des fresques de Saint-Chef. La ville paradisiaque figure ici sous la forme d'une église vue à la fois en perspective frontale et plongeante ce qui signifie que l'église terrestre est une préfiguration du paradis.

On peut être désorienté par l'abondance de peintures, mais quelques axes privilégiés conduisent le regard dans la même direction. Les couleurs qui s'éclaircissent depuis les couleurs sombres aux bas des murs jusqu'à la dominante des bleus célestes et de blanc très lumineux de la voûte, de même le décrochement des ouvertures depuis la porte assez basse, en passant par les fenêtres plus hautes, jusqu'à l'arc triomphal très élevé du mur est, mènent à l'apogée occupée par le Christ. C'était le but de cette chapelle entièrement recouverte de fresques qui devait être un lieu de méditation et de prière.

A l'intérieur de l'édifice, les services du ministère de la Culture ont recensé les nombreux bancs à coté fermé, deux statues en bois du 18ème siècle représentant Saint Joseph et la Vierge à l'Enfant, l'orgue du 19ème siécle, et un vitrail comportant des fragments d'une ancienne vitrerie du 17ème siècle décorée des écus armoriés des chanoines de Saint Chef, l'un des deux écus conservés est celui des Chivallet, complétés d'éléments du 19ème siècle.

A voir aussi: perso.wanadoo.fr/fresques-romanes

Photo ci-dessous: la vôute de la chapelle des fresques:

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