L'EGLISE DE CHAMONT
Chamont, hameau situé à trois
kilomètres de
Saint Chef, recèle une église
réhabilitée
pour le culte catholique traditionnel. Au grand
désappointement
de Mgr Louis Dufaux évêque de Grenoble,
après des
décennies d'interruption, une première messe en
latin y a
été célébrée le
13 mai 2001.
Revenons sur l'histoire pas banale du bâtiment.
Cet édifice fut érigé à la
fin du
19ème siècle grâce à la
générosité des habitants du lieu. Dans
un premier
temps, Pierre Doyeux lègue, par son testament de 1869, un
terrain et une maison dont la vente servirait à construire
cette
église, son cimetierre, et une école s'il restait
des
fonds. En 1873 le projet de l'architecte Scordel
s'élève
à près de 22.000 francs de l'époque.
Cette somme
dépasse déjà l'héritage, et
les plans sont
refusés par le Conseil des Bâtiments Civils pour
non
conformité aux normes. De modifications en recours, c'est un
troisième projet qui est enfin accepté en 1875.
Une
souscription auprès des habitants de Chamont
complètera
le financement. Joseph Doyeux, frère du donateur, assure la
surveillance de la construction gratuitement pour diminuer les frais.
Il choisit lui même les maçons, sans aucune
soumission
d'offre préalable.
Et c'est ains que des problèmes voient le jour avec
l'architecte, qui veut faire démolir la
maçonnerie
déjà réalisée, pour vice.
Une commission
d'enquête est alors désignée, et les
travaux sont
jugés corrects. Le 31 mai 1876, le sous-préfet
demande le
remplacement de l'architecte, et la mairie choisit monsieur Chamberot
de La Tour du Pin. L'ancien maître d'oeuvre intente une
nouvelle
procédure, cependant il n'aura pas gain de
cause.

Le chantier se termine en 1879, mais il faudra vingt ans pour qu'un
officiant soit attaché à cette construction. Le
25 mai
1881, les habitants de Chamont formulent une demande par lettre,
s'engageant à payer tous les frais du culte. Le 14
août
1882 l'église devient Chapelle de secours pour Saint Chef,
avec
la condition que ces frais soient bien à la charge des
habitants
locaux. Le 26 août 1889 Pierre Benoit Joseph Doyeux,
héritier de Pierre le donateur, intente un procès
à la commune car les délais fixés par
le testament
sont dépassés. L'affaire s'éternise en
plaidoiries, enfin l'audience du 27 juin 1899 du tribunal de Grenoble,
accorde un ultime délai d'un an pour ouvrir cette chapelle
au
culte. Le 22 avril 1900 un nouveau courrier à
l'évêché sollicite l'octroi d'un
prêtre. Il semble que le voeux soit enfin
exaucé au
dernier semestre de 1900. Le vocable de saint
Barthélémy
est adopté, mais le culte n'y sera
célébré
que jusqu'en 1918. La cause de cette interruption n'est d'ailleurs pas
définie, mais on peut imaginer qu'elle est liée
à
la première guerre mondiale.
Quelques années plus tard, la desaffectation de
l'église
entraine le mécontentement des descendants de Pierre Doyeux
qui
intentent un nouveau procès pour revendiquer le terrain et
le
bâtiment qui y est érigé. Ils
obtiennent gain de
cause et recouvrent la légitime
propriété de
l'ensemble. Au gré d'une succession, le tènement
échoit à m. Guy Aroud, un journaliste lyonnais
qui
décide, vers 1980, de le restituer à la
population de
Chamont, à des fins sociales ou culturelles, et propose d'en
faire don à la mairie de Saint Chef. Le conseil municipal se
montre d'abord réticent, puis se laisse convaincre par
l'association Fondation Aroud Chatriron, contraction des noms des
hameaux de CHAmont, TRIeux, et le RONdeau. Cette association
nouvellement créee s'engage à prendre en charge
les
réparations, les transformations et l'entretien de
l'église, tout en respectant les volontés
culturelles et
sociales voulues par Guy Aroud.
Des travaux sont entrepris pour mettre la construction en
conformité avec les normes de sécurité
pour
accueillir du public. Le toit est repassé, un
matériel de
chauffage est installé, le tout financé par des
activités récréatives telles que tir
aux pigeons,
concours de pétanque et de belote, diner dansant. Pour ce
qui
est des activités culturelles l'AFAC organise des spectacles
musicaux, des conférences, des voyages.
Une cérémonie du centenaire de
l'église de Chamont
fut même organisée le dimanche 12 avril 1981.
L'AFAC avait
établi un programme varié qui débuta
à
10h30 par un défilé des majorettes et de la
clique du
village voisin de Trept qui paradèrent dans le hameau et
ensuite
quelques minutes sur le parvis de l'église. Puis, dans un
discours, le maire Pierre Grataloup retraça l'historique de
l'édifice et rendit hommage à Guy Aroud avant de
découvrir une plaque souvenir, en présence de mme
Aroud.
"Cette plaque de granit, apposée sur cette
façade,
rappellera aux générations à venir et
aux
passants, la solidarité des habitants d'un village, et le
grand
coeur d'un homme" a déclaré l'élu.
Cette
cérémonie se poursuivait par un vin d'honneur,
offert par
la municipalité à la population. Les
festivités
n'en était pas pour autant terminées puisque
l'après-midi, le groupe Stella Dance se produisait pour le
plaisir de la nombreuse assistance. Enfin, vers 17 heures,
après
plus de soixante ans d'interruption, la messe était de
nouveau
célébrée à Chamont par le
père May,
curé de Saint Chef.
Hélas, les associations à but non lucratif ont du
mal a
survivre à l'érosion du temps, et
inéxorablement
l'église de Chamont entre en léthargie,
jusqu'à ce
qu'une communauté manifeste son intérêt.
La Fraternité Saint Pie X, qui regroupe ceux qui ont choisi
de
suivre mgr Lefebvre en 1988, recherche des églises
desaffectées pour célébrer le culte en
latin,
selon l'ancienne liturgie. En 2001, l'antenne lyonnaise de cette
communauté contacte la mairie de Saint Chef. La vente
interviendra au profit de l'association "Les Amis de l'Eglise de
Chamont", une émanation de La Fraternité Saint
Pie X. Des
travaux très importants ont été
entrepris
par tous les corps de métiers. Le
bâtiment a
été entièrement
réhabilité, tant
à l'intérieur qu'a l'extérieur, un
gage de
longévité... Et la messe y est célébrée régulièrement.
sources internet:
http://www.le-combat-catholique.com (le 26/01/02)
http://site.voila.fr/infotradi/B054.htm
(le
06/03/02)
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