GÉNÉRALITÉS

Saint-Chef est aujourd'hui le chef-lieu d'une commune comptant plus de 3000 habitants répartis sur 2716 hectares, dans le nord-ouest de l'Isère. Le relief tourmenté de ce vaste territoire culmine à 308 mètres d'altitude.

Le bourg s'est développé autour d'un monastère fondé au VIème siècle, dans un vallon jadis appelé le Val Rupian, et de nos jours la Vallée Rupéenne. Cette communauté religieuse fut une des plus puissantes de France avant de connaître le déclin, puis sa translation en 1774.

Les nombreux hameaux ont eu longtemps une forte activité agricole, voire viticole avec des vins réputés qui, aujourd'hui encore, glanent des récompenses dans les concours nationaux, sous l'appelation "vin de pays des balmes dauphinoises". Ces petites agglomérations deviennent de plus en plus des quartiers résidentiels.

Au village, l'industrie textile se développa un temps, avec filature et tissage, avant de laisser place à un atelier de métallurgie. Saint-Chef se distingue maintenant par une forte activité tertiaire avec une maison de retraite, un institut médico-éducatif et professionnel, et un collège.

Par ailleurs, de nombreux touristes viennent apprécier les vestiges de l'église abbatiale, classée monument historique, et qui recèle des fresques du XIIème siècle. En parcourant le circuit urbain balisé, on peut découvrir nombre de maisons ou châteaux du moyen âge, témoins de la riche histoire locale. Enfin, des sentiers de randonnée permettent d'apprécier l'étendue et la diversité du territoire de la commune.

Vers 1950 un écrivain d'origine locale, Marius Riollet, fit la description probable du site dans lequel le bourg de Saint-Chef s'est développé. "Petit pays? assurément, nécessairement. Il n'a pas grandi, parce qu'il n'a pas pu grandir. C'est un nabot de l'érosion. La vallée, très étroite, qui a recueilli Saint-Chef, est une vallée courte. C'est un lit de Proscuste. Le marais bloque les pieds. La tête fut gênée par la pente, le caillou, le vent, le bois prolongé. La Biousse n'est que la brousse. Montcarra, à l'extrémité, n'est qu'une presqu'ilede masures séparées d'un sauvage Rochetoirin (on dit les chiens de Toyrin) par des trous d'eau et des murailles d'arbres. L'adret, seul, est bienveillant. C'est le domaine du soleil et des violettes. C'est lui qui portera à son flanc et sur son épaule, le vin des messes et des moines. Mais il est bref, et rude au pied. Rapidement le bois s'empare du sol et court, par le Fayet, jusqu'au front d'Arcisse et plus loin encore. Quant à l'ubac, après le triste Bois d'Yvrard et l'agrément d'une terrasse où s'érigera la chapelle de la paroisse, il monte vers Bonnegagne, le Grand Champ, le plateau du vent, des terres maigres, séjour du vide. Ainsi, avant l'homme, territoire sans importance, horizon sans ampleur, prédestination nulle. On peut songer à quelques toits autour d'une maison forte, plus tard.

Et, cependant, ce petit pays a son histoire vaste, beaucoup plus vaste que lui. Ici la Foi a dominé la médiocrité géographique, elle a conféré quelque grandeur à ce vallon chétif. Ce fut dans ce sillon de broussailles qu'un sage, un saint, Theudère, se retira au Vème siècle. Les saints, sur la terre sont déjà dans le ciel. Leurs biens ne sont pas les nôtres: c'est le silence, c'est la solitude, c'est la punition de la guenille... Bref, c'est le seul confort de l'âme que Theudère s'en vint chercher en cette vallée sauvage, et qu'il trouva, à n'en pas douter. Et, Theudère disparu dans le ciel, ce fut, après trois siècles de mémoire, le Monastère et son village: un lieu de piété et de pèlerinage, une affluence de gens et d'argent et quelque boni pour les manants. Et cela jusqu'à la fin du XVIIIème siècle."

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