JACQUES JOFFREY

Le 30 avril 1524, Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche, mortellement touché par un tir d'arquebuse, s'éteint dans les bras de Jacques Joffrey, son écuyer et maître d'hôtel.

Descendant d'une lignée noble de Saint-Chef, installée dans le "grand château"(notre photo), non loin de l'abbaye, dont le cloitre abrite le caveau familial, Jacques Joffrey avait choisi d'entrer au service d'un grand seigneur pour se former au métier des armes et assurer son avenir. Quelle expérience pour le jeune homme, au long des campagnes de Bayard. Si il ne participe pas directement aux opérations, il est mêlé de près à la vie des soldats, apprend le vrai visage de la guerre, avec la souffrance des hommes. Lorsque durant cinq ans Bayard se consacre exclusivement à l'administration du Dauphiné, le jeune Saint-Cheffois découvre l'habileté de son maître pour faire prévaloir la volonté royale sur les intérets paticuliers en tenant compte des traditions, des privilèges et des mentalités de ses compatriotes Dauphinois.

En 1521, Bayard se trouve à la tête de la place de Mézières, dans un étroit méandre de la Meuse, assiégé par les troupes de Charles-Quint. La résistance est héroïque et la place ne tombera pas, cependant les victimes sont nombreuses, et on relève parmi elles Humbert de Vaulx, seigneur de Milieu, écuyer et maître d'hôtel du chevalier. Ces douloureuses circonstances profitent à Jacques Joffrey qui est promu sur le champ à la tête du service particulier de Bayard, et le suivra partout.

Il est à ses côtés dans le Milanais en avril 1524 lorsque les troupes françaises attendant du renfort, se replient en bon ordre. Bayard est à l'arrière garde, les escarmouches sont nombreuses. Le marquis de Pescara, commandant en chef des troupes ennemies, a innové en décidant de monter en croupe, derrière chacun de ses cavaliers, un arquebusier muni d'une petite arme légère et maniable, permettant un feu nourri pendant une charge. Bayard est atteint par un projectile qui lui brise la colonne vertébrale. "Jésus, hélas! Mon Dieu! Je suis mort." s'écrie-t-il. Jacque Joffrey accourt et le reçoit dans ses bras avant qu'il ne soit désarçonné. Débarrassé de son armure il reste lucide, faute de prêtre il décide de confesser ses pêchés à Jacques Joffrey qui fond en larmes. Les heures passent, la pression de l'ennemi se fait de plus en plus forte, le chevalier sans peur et sans reproche ordonne aux capitaines et aux hommes d'armes de quitter les lieux. Seul son fidèle écuyer demeure, refusant de quitter son maître.

Bientôt cavaliers et soldats espagnols se rassemblent autour du blessé dont le nom est connu de tous. Averti, le marquis de Pescara vient même le saluer, ordonne qu'on lui apporte une tente pour l'abriter. Au soir du 30 avril 1524, vers huit ou neuf heures, Pierre Terrail, seigneur de Bayard, rend le dernier soupir dans les bras de Jacques Joffrey au milieu d'ennemis consternés.

Au lendemain de la cérémonie d'inhumation, dans la chapelle du couvent des Minimes de Saint Martin d'Hères, Jacques Joffrey est sollicité de toutes part pour narrer la fin tragique du héro, il se résoudra à en écrire un mémorial.

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