MARIUS RIOLLET

Issu d'une famille locale encore présente aujourd'hui, Marius Riollet est né le 20 septembre 1880, comme le confirment les registres d'état civil de Saint-Chef. Son père garde républicain affecté à Lyon l'envoyait chez ses aïeux à Saint-Chef pour les vacances scolaires. "C'était mes racines" disait-il. Il se rendait utile en gardant des chèvres, mais comme il passait plus de temps à lire qu'a les surveiller, elles se sauvaient. Hélàs il eut la douleur de perdre ses parents jeune et fut placé dans une école pour enfants de troupes, à Montreuil sur mer. Ainsi il aurait du se destiner à une carrière militaire, mais sa passion pour la lecture était trop forte. Il passe son baccalauréat à plus de vingt ans, puis obtient une licence à Grenoble, où il embrasse une carrière de journaliste, puis devient professeur d'histoire à Lyon. Il consacra la fin de sa vie, à Grenoble, à diverses sociétés culturelles dont la société des écrivains dauphinois, et l'académie delphinale.

Marius Riollet est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, parmi lesquels "Images de Saint-Chef", en vers libres en 1935, "Histoire de La Tour du Pin" en 1931, "la Bête" une pièce en un acte jouée par la Comédie Française en 1939, "France" une fresque historique en quinze tableaux qui connut le succès sur les ondes de la radio nationale à l'époque de la seconde guerre mondiale, "Humbert aux Mains vides" pièce écrite sur commande, pour la célébration du six centième anniversaire du rattachement du Dauphiné à la France en 1949, ainsi que d'une trilogie ("Caïn ou la Bombe atomique","Lilith ou la Luxure", "La Fin du Monde").

Marius Riollet faisait partie du cercle des proches de Edouard Herriot, l'immense homme politique que l'on ne présente pas, maire de Lyon pendant cinquante ans, député du Rhône, sénateur, de nombreuses fois ministre, plusieurs fois président de la chambre des députés, plusieurs fois président du conseil, équivalant aujourd'hui au poste de premier ministre. Marius Riollet vouait à cet homme politique un respect solennel et sans réserve, un sentiment de gratitude et de haute estime. Il lui dédicacera, "A monsieur Edouard Herriot, hommage lige", le recueil intitulé "Images de Saint-Chef".

Ce furent des paroles du père Gondrand , curé de Saint-Chef, que Marius Riollet entendit lorsqu'il avait une dizaine d'années, qui lui révélèrent son profond attachement à son village: " un jour de colère,spirituellement, amèrement,et même, puissamment, Saint-Chef -s'est il écrié- c'est un petit pays de petites gens"... Cette cruelle attaque marqua profondément l'enfant, et la blessure qu'il ressentit ne fut surmontée que lorsqu'il eût écrit "Images de Saint-Chef". René Lugli a retrouvé quelques lignes de la préface de cette oeuvre: "Moi aussi, évidemment, j'aurais pu écrire mon livre. Je suis né à Saint-Chef. Mon enfance a joué dans ses rues et rêvé dans ses bois. Son visage de terre m'est familier comme un visage maternel. Je connais la moindre de ses rides et, quand je m'approche, je perçois la musique des paroles qu'il a prononcées jadis. Deux ans d'attention me le livreraient tout entier, je crois, deux ans d'attention et cinquante ans d'amour... Mais j'ai obliqué vers d'autres tâches. Pourtant, un jour de loisir et de reconnaissance, j'ai essayé de célébrer, à ma façon, mon pays natal. Et j'ai transcrit sur le papier quelques-unes des images qui dansaient affectueusement sur ma rétine". Il suit une description pathétique du site, que l'on peut retrouver au chapitre "généralités", de ce site.

Marius Riollet est toujours resté fidèle à Saint-Chef; lors de l'inauguration de la rue pittoresque qui porte son nom et contourne l'église abbatiale, sa fille évoquait les trajets qu'elle effectuait en sa compagnie, à pieds jusqu'à La Tour du Pin, ou à bicyclette jusqu'au château de Brotel pour rendre visite à Edouard Herriot.

Marius Riollet s'est éteint à Grenoble, le 11 septembre 1962, emporté durant son sommeil par une crise cardiaque.Il est enterré à La Tour du Pin.

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