RAYONNEMENT CIVIL

Sous la révolution française

Comme nous l'avons découvert par ailleurs, Saint-Chef avait une place prépondérante dans la société dauphinoise durant les siècles où le clergé régissait la vie quotiduenne. Cette situation symbolique provoqua d'ailleurs de nombreuses exactions sous la révolution, cependant la Convention se résolut à en faire un chef lieu de canton.

En 1790 la population de la commune de Saint-Chef est de 1492 habitants, répartis entre les hameaux comme suit: le bourg 496, Arcisse 184, Chamont 180, Crucilleux 88, Laval de Saint-Chef 44, Montcarra de Saint-Chef 48, Trieux 68, Versin 168, Salagnon 216.

En 1793, le conseil municipal décide, "pour effacer le souvenir de la superstition que rappelle le nom de Saint-Chef, que désormais ce nom sera remplacé par celui de "Franc Vallon". Cette appellation n'eut qu'une durée éphémère et bien vite la cité rupéenne redevient Saint-Chef.

La constitution votée le 5 fructidor de l'an III, soit le 22 août 1795, amène en France un nouveau régime, le Directoire, que Bonaparte renversera quatre ans plus tard, le 18 brumaire de l'an VIII, soit le 9 novembre 1799. Cette constitution établissait un suffrage censitaire à deux degrés: les citoyens actifs agés de plus de 21 ans, et payant des impôts, se réunissaient en assemblées primaires cantonnales pour élir les membres des assemblées électorales départementales.

La lecture de la liste des cantons de l'époque permet de constater que Saint-Chef y figure et comme l'administration donnait un nom à chaque assemblée primaire, on apprend que celle d'ici s'appelait: "l'assemblée de la Tour du Poulet". Le canton de Saint-Chef regroupait les communes de Demptézieu, Vasselin, Vignieu, et bien sûr Saint-Chef qui englobait alors l'actuelle commune de Salagnon. Cette assemblée comportait 794 électeurs mais ce chiffre peut être multiplié par presque 10 pour obtenir la population du canton puisque les femmes n'avaient pas le droit de vôte, ni les pauvres, ni les illétrés, ni les domestiques, ni évidemment les mineurs.

L'assemblée de la Tour du Poulet n'eut qu'une durée brève puisque Bonaparte procéda à un nouveau découpage administratif, et Saint-Chef réintégrait définitivement le canton de Bourgoin.

En 1875 (archives du diocèse publiées par le père Jean Fréchet en 1984)

Pierre Antoine Justin, évêque de Grenoble, entreprit la visite de Saint-Chef le 10 avril 1875. Voici le compte rendu détaillé établi à cette occasion.

"La population de la paroisse est de 2880 habitants, répartis en 5 hameaux principaux.../...Les écoles sont toutes communales.L'école de garçons, tenue par les frères Maristes, est très bien. Il y a trois écoles de filles, plus une garderie. L'école du bourg de Saint-Chef est tenue par les soeurs du Murinais. Les deux autres et la garderie sont tenues avec ordre et moralité par des laïques brevetées. Monsieur le curé et ses vicaires visitent souvent ces écoles. Les rapports avec les maîtres sont excellents..../...Dans la paroisse, il y a une association adoratrice, pour les dimanches, la confrérie de l'Immaculée Conception, celle des Anges et l'archiconfrérie de Notre Dame Réconciliatrice. Ces confréries datent de 1850-1860 environ et ont chacune un tableau dans l'église. Les chanteuses s'exercent chez elles, les chantres sont peu habiles.../...Le village bénéficie du service de 3 sages-femmes, toutes assez convenables.../...Les habitants de Saint-Chef viennent à la messe le jour de la saint-Valentin, de saint-Blaise et de la Conversion de saint-Paul. Quelques personnes étrangères, une vingtaine par an, viennent vénérer saint-Clément. La paroisse compte 1 protestant et 3 impies qui voudraient détruire la religion. L'état moral cependant est bon. Sur 750 hommes, en moyenne 500 font leur Pâques, et toutes les femmes à part 25.../... Il y a 4 vogues dans l'année, sans grand succès. Les cabarets, au nombre de 16, restent ouverts durant les offices et sont causes de bien des soucis. La police n'a pas d'yeux et pas d'oreille. Comme vice dominant, il faut citer l'excès dans la boisson, et la faiblesse des parents dans la correction de l'éducation de leurs enfants. Les filatures, qui occupent une cinquantaines de personnes, sont correctes.../... Je dois dire, pour la gloire de Dieu, qu'on respecte beaucoup plus les prêtres et qu'on écoute mieux leur parole."

En 1882 (le département de l'Isère-V.A. Malte-Brun)

La population locale est de 3060 habitants, quant aux autres communes environnantes les chiffres sont les suivants: Les Avenières 4133, Crémieu 1978, Montalieu-Vercieu 1944, Montcarra 601, Morestel 1234, Pont de Beauvoisin-Isère 1845, Ruy 1320, Montceau 630, Saint-Savin 2136, Sermérieu 1314, Vasselin 409, Vignieu 1000, La Tour du Pin 3165, Bourgoin 5021, Jallieu 3833.

En 1886 (géographie élémentaire de l'Isère-A.Buchner)

La population est de 2926 habitants sur une superficie de 3536 ha.

commentaire: une des communes les plus florissantes du canton (de Bourgoin)- produit d'excellents vins blancs-

Voici la population des communes environnantes, à la même date: Les Avenières 4205, Crémieu 1797, Montalieu-Vercieu 1955, Montcarra 543, Morestel 1234, Pont de Beauvoisin-Isère 1883, Ruy 1300, Montceau 700, Nivolas-Vermelle 975, Saint-Savin 2057, Sermérieu 1354, Vasselin 418, Vignieu 921, La Tour du Pin 3571, Bourgoin 6138, Jallieu 4085.

En 1898 (annuaire administratif de Bourgoin-éditions A. Poinat)

La population est de 2843 habitants. Le maire est Vincent Gay, les adjoints messieurs Contamin, Dornon et Berliat pour Salagnon. Le secrétaire de mairie est M. Vachez, et M. Bollud est employé de mairie.On recense 6 châteaux habités par les familles Pancera, Chatron, Legros, Thomasset, Teyssier Palerne de Savy, et Michoud. Parmi les notables, on dénombre 1 médecin,1 notaire, 3 curés, 2 instituteurs et 5 institutrices

Le reste de la population active se répartit comme suit: 27 agriculteurs, 11 négociants en bestiaux, 3 bouchers, 5 boulangers, 3 bourreliers, 25 cafés, 1 charcutier, 5 charrons, 6 cordonniers, 2 entrepreneurs maçons, 5 commerces d'épicerie et fers, 3 géomètres, 1 horloger, 2 marchands de graines et de vers à soie, 1 spécialiste en machines agricoles, 1 receveur buraliste, 1 scierie, 1 serrurier, 3 tonneliers, 2 marchands de vin, 3 débits de tabacs.

Il éxiste deux services de voitures publiques pour transporter les personnes: la ligne d'Arcisse, entreprise Michel Gros, siège à l'épicerie Michel Gros 4 rue Nationale à Bourgoin, départs de Bourgoin les jeudis, dimanches et fêtes, à 9h avec arrivée à 10h30, et retour départ d'Arcisse à 11h avec arrivée à 12h30, prix de la place 0,75F. La ligne de Vignieu, entreprise Galland, bureau à Bourgoin au café Victor place d'Armes et bureau à Jallieu au café Cadet 33 Grande Rue, départs tous les jours de Bourgoin à 9h et 18h, de Vignieu à 6h et 15h, prix de la place 1F.

Le marché a lieu tous les mercredis, et il se déroule trois foires par an, le mercredi après Pâques, le 22 juillet pour la ste Madeleine, et le 14 septembre à Salagnon.

Voici la population des communes environnantes à la même date: Les Avenières 3932, Crémieu 1912, Montalieu-Vercieu 2012, Montcarra 492, Morestel 1401, Pont de Beauvoisin-Isère 2010, Ruy 1444, Montceau 573, Nivolas-Vermelle 1131.

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